Il y a des jours où la bonne humeur est là, les remarques des autres ne me touchent pas, je suis un bloc de zenitude et je survole le monde d'un regard calme et serein. Des jours comme ça, j'en connais beaucoup, surtout quand j'ai eu mon quota de sommeil, que le soleil me donne ma dose de vitamine D, que j'ai plein de projets et que les enfants se sentent d'humeur (plutôt) obéissante ! Et puis, il y a les jours de pluie, avec réveil nocturne (dents ou cauchemars ou les deux, mon capitaine) et enfants méga-horripilants. Alors ces jours là, j'ai envie de dire : ne me parle pas, toi, le gens ! Nan mais pas n'importe quel gens, le gens stupide, le gens sans cerveau, le gens qui parle avant de réfléchir, le fameux gens plein d'a priori ! C'est simple, quand tu vois que j'ai le sourcil froncé, le regard noir, le bras croisé et la langue pas du tout déliée, ne me parle pas, n'essaie pas de m'éclairer sur le pourquoi du comment, ne tente pas de m'apprendre ce que je ne veux pas apprendre ! Ça m'énerve et comme garder pour soi mène tout droit à l'ulcère, moi je préfère m'exprimer !
Wan très tôt a eu une vraie tête de petit garçon. Très vite, il a été habillé comme un petit gars, avec une panoplie bien masculine, pas vraiment mixte, petits polos (bleus de préférence, c'est pas ma faute si j'adore le bleu), chemise (et non pas chemisier), gilet à capuche plutôt stylé garçon que fille, etc. Mon Wan était le plus beau bébé garçon du monde, cela va sans dire, mais d'une beauté (enfantine) masculine. Alors le jour où pour la 25eme fois (au moins), depuis sa naissance, une petite dame s'est penchée vers lui et m'a dit "une petite fille, hein ?", ça m'a échappé, les mots ont glissé de ma bouche tout seuls : "Non, c'est un garçon, parce que si c'était une fille, elle serait vraiment très moche !". Effet garanti : la petite dame m'a lâché, même ma mauvaise humeur m'a lâchée, c'est dire !
Le fameux petit troisième qui sera une fille ! Alors, alors, comment dire ? Je l'ai déjà dit précédemment, n'avoir que des garçons n'est nullement à mes yeux une malédiction (enfin, tu l'as compris derrière l'ironie, lecteur-trice, ne chipotons pas). Ils sont en bonne santé, plein de vie, ils sont mignons, intelligents, ils évoluent bien, cela suffit à me combler. Surtout quand je note à quel point mes 2 garçons sont différents. Alors oui, bon, si petit troisième il y a et s'il se trouve que c'est une fille, je ne la jetterais pas aux orties, cependant faire un enfant pour courir après la fille n'est pas dans mes valeurs. N'y voyez aucun jugement de valeur, en revanche, je respecte tout à fait celles qui se lancent dans un 3eme parce qu'elles rêvent d'une fille ou d'un garçon. Cependant, me pousser à enfanter pour réussir la mixité, ça ça m'énerve. Oui, bon, ok, c'est vrai que ce n'était pas très gentil de dire à cette dame au supermarché que "rien que par esprit de contradiction, j'aimerais avoir encore 3 garçons, juste pour l'enquiquiner, elle, personnellement" ! Oui, ce n'était pas gentil mais punaise, qu'est-ce que ça m'a fait du bien !
Du comment je dois éduquer mon enfant ou ne pas l'éduquer ! Un jour que j'attendais à la caisse du monop' en compagnie de Wan et ses 10 mois rutilants, je décidais pour lui changer les idées de lui montrer les jolis sacs près des caisses "celui-là est rouge, celui-là est bleu et celui-là est vert", quand j'entendis derrière moi "mais Madame, il est bien trop jeune pour connaître ses couleurs, il a le temps le pauvre !" parfois la répartie sort avant que j'ai eu le temps de la retenir : "Oui, évidemment, mais si je ne lui apprends pas au fur et à mesure, il ne risque pas de les apprendre ! Un peu comme vous, vos parents ne vous ont manifestement pas appris, au fur et à mesure, à vous mêler de vos affaires". Hmmmm, ambiance, ambiance au monoprix ce jour là !
Du retour du comment je dois éduquer mon enfant ou pas ! Nous traversons la rue avec Wan à pied et Deuz en poussette. Le passage piéton est celui d'une rue où les automobilistes roulent, n'ayons pas peur des mots, comme des psychopathes. En cours de traversée, le cher petit bonhomme passe au rouge, je mets la pression à Wan, qui est du genre trainasson, d'un "allez Wan, on se dépêche, regarde le bonhomme est passé au rouge, ce n'est plus à nous." C'est alors qu'une dame passe à côté de nous, nous frôle et m'assène désagréablement "mais non, Madame, c'est encore à nous, voyons !". Bien, bien, bien, alors maintenant c'est à mon tour d'asséner :"Oh pardon madame ! Nan vraiment, excusez moi de vouloir apprendre à mon fils de 3 ans et demi les règles de base pour ne pas se faire écraser." Elle s'est retournée, visiblement surprise... Dieu que le gens a le don de m'escagacer parfois !
Enfin, dernier chapitre du "ironie quand tu nous tiens". Le deuz marche depuis ses 13 mois, il en a à présent 19, j'aimerais que l'on arrête de me dire que ce sont ses 1ers pas ! Oui, oui, comment dire, quand le gens le voit courir, ça ne loupe pas "Ouh ! Il commence tout juste à marcher !". Alors attention, celle-là ne m'a pas encore échappé mais ça ne saurait tarder : 'Bah oui, il a commencé y a 2 jours, bon là il court et dans 2 jours je pense qu'il me fait le 100 mètres en 10 secondes. Ca évolue tellement vite la marche !". Je vous laisse d'ailleurs juger de mon débutant en marche, vous allez voir comme il est château branlant. Attention, ça peut faire peur, on angoisse un peu qu'il tombe mais en fait, je vous rassure, non !
Bonne expression à tous et à très vite !









